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Apprendre le portugaisles langues

Les voyelles nasales sont gratuites pour vous et coûtent des mois à tout le monde. Reste la variété, et en France elle n'est pas celle qu'enseignent les applications.

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La première décision

Une question, et en France la démographie y a déjà répondu

L'écrit est unifié depuis l'accord de 1990 et la grammaire est commune, donc cette bifurcation ne porte que sur votre oreille et sur vos pronoms.

Quel portugais allez-vous réellement entendre ?
  • Une famille, des voisins, un chantier, le Portugal
    EuropéenLe cas ordinaire en France, et la plus difficile des deux à l'écoute
    • Les voyelles atones se réduisent jusqu'à souder les mots
    • tu, avec le pronom accroché à la fin du verbe
    • Le futur peut porter le pronom à l'intérieur : dar-te-ei
  • Le Brésil, un travail, une musique
    BrésilienLe plus grand vivier de locuteurs et de matériel, et presque tout le gratuit
    • Les voyelles restent ouvertes et les mots gardent leurs bords
    • você, avec les pronoms devant le verbe, comme en français
    • Le seul des deux que Duolingo enseigne

Aucune des deux branches n'est plus difficile à lire, et c'est exactement pour cela que la décision se remet à plus tard et finit par coûter une année d'écoute.

pão, mãe, bom, et le français a déjà ces trois voyelles. Le pain, la mère, bon. Ce que tous les manuels de portugais présentent comme le mur d'entrée est le son que vous produisez dans pain, dans main et dans bon depuis toujours, et il ne vous coûte rien.

Un anglophone et un hispanophone le paient plein tarif, l'un et l'autre pendant des mois, parce qu'aucune des deux langues n'a de voyelle nasale. C'est la plus grosse remise de tout le tableau des langues, et elle n'est écrite nulle part.

Ce qui reste tient dans une décision et elle vient en premier. Le portugais du Brésil garde ses voyelles, celui du Portugal les mange, et la même phrase, écrite pareil, arrive à São Paulo comme un flux ouvert et à Lisbonne comme une suite de consonnes serrées. Choisir n'est donc pas une préférence, c'est décider quelles conversations vous pourrez suivre.

Trois choses déjà payées, et deux qui ne le sont pas

Le genre est là, le subjonctif est un mode vivant, et les terminaisons portent le sujet.

  • falo, falas, fala, et le pronom tombe. Je parle, tu parles, il parle, sans avoir à mettre eu ni ele devant, exactement comme l'italien et l'espagnol.
  • informação fait informações, et le pluriel est dans la nasale. La terminaison en ão se transforme, elle ne prend pas un simple s, si bien qu'une voyelle que vous n'entendez pas est aussi un nombre que vous n'entendez pas.
  • você au Brésil et tu au Portugal, avec deux conjugaisons. Le mot change et la conjugaison suit, donc la question de la variété est déjà une question de grammaire avant d'être une question d'accent.

Les deux postes qui restent sont l'accent tonique et la réduction des voyelles, et le français ne prête ni l'un ni l'autre puisqu'il n'en a aucun. Ce sont les deux seules choses de cette entrée qu'il faut travailler comme un débutant complet.

La variété est déjà choisie, et ce n'est pas celle des applications

Presque tout le reste a été unifié. L'accord orthographique de 1990 a supprimé la plus grande part des différences écrites, la grammaire est commune, et tous les certificats sont reconnus des deux côtés. Restent le son et les pronoms, et le son est la moitié chère.

La différence de pronoms mérite une phrase parce qu'elle paraît petite et ne l'est pas. Le Brésil emploie você et place les pronoms compléments devant le verbe, comme le français. Le Portugal emploie tu, accroche le pronom à la fin du verbe, et au futur le glisse à l'intérieur : dar-te-ei, donner-te-ai. Rien d'autre en Europe ne fait cela.

Un lecteur anglophone à qui rien n'impose de côté s'entend recommander le Brésil, pour le nombre de locuteurs et de ressources. En France la recommandation s'inverse, et pour une raison démographique que rien n'oblige à deviner : la communauté portugaise de France est la plus nombreuse d'Europe hors du Portugal. Le portugais qu'un lecteur d'ici entendra dans sa famille, chez ses voisins ou sur un chantier est européen dans l'immense majorité des cas.

Cela met la plus grande offre gratuite du monde du mauvais côté. Le cours de portugais de Duolingo est brésilien et il n'en existe pas de version européenne, donc l'outil que tout le monde ouvre en premier enseigne l'accent qui est juste pour São Paulo et faux pour Lisbonne. La décision se prend avant la première leçon plutôt qu'au troisième mois, et le Brésil et le Portugal en fait le compte complet.

Celui qui comprend tout et n'a jamais écrit une phrase

Le blocage français de cette entrée n'a pas d'équivalent anglophone, et il ne ressemble pas non plus à celui de l'espagnol. Il ne s'agit pas de quelqu'un qui a fait sept ans de cours. Il s'agit de quelqu'un qui a entendu la langue toute son enfance sans jamais l'écrire.

Sandrine Da Silva, aide-soignante à Champigny-sur-Marne, suit une conversation entière entre ses parents, reconnaît les nasales sans y penser, et ne sait pas conjuguer au passé ni orthographier un mot qu'elle dit tous les jours. Elle s'inscrit à un cours qui commence par bom dia et l'abandonne en trois semaines, ce qui est le comportement correct : le cours ne s'adresse pas à elle.

Ce profil demande l'inverse d'une première année. La compréhension orale est acquise et l'accent est bon, donc les heures doivent aller à l'écrit, à la conjugaison et au registre, et ce sont exactement les trois choses qu'un cours de A1 repousse. La grammaire portugaise est la porte d'entrée pour ce lecteur-là, et non la prononciation.

Ce que le français donne, et le carreau qu'il ne peut pas atteindre

Le crédit français se lit en deux axes. Sur la page il est presque complet : le lexique latin est partagé, le système verbal rime, et les titres de presse se lisent le premier jour. À l'oreille il est partiel, ce qui est déjà énorme comparé à l'espagnol, puisque les nasales passent entières.

Les pièges écrits sont les faux amis ordinaires et ils s'apprennent. esquisito veut dire étrange, pas exquis. propina, ce sont des frais de scolarité au Portugal et un pot-de-vin au Brésil, ce qui est le seul faux ami de cette liste qui change de sens selon la rive. Le vocabulaire portugais tient la liste, assez courte pour une semaine.

Le carreau que le français ne peut pas atteindre est celui de l'accent tonique et de la réduction, et c'est de là que vient l'accent français en portugais. Tout le reste s'est transféré, si bien que rien dans l'usage quotidien n'oblige jamais le système sonore à bouger. La sortie est une période d'écoute délibérée pendant laquelle on ne parle pas, visant les voyelles atones du portugais européen, qui sont précisément ce que le français ne sait pas produire. La prononciation portugaise prend cela en détail.

En arrivant du français

Où le crédit français est réel, et le seul carreau qu'il n'atteint pas

Le français transfère presque tout sur la page et, contrairement à l'espagnol, une partie de l'oreille aussi. Il reste un quadrant, et c'est celui d'où vient l'accent.

Le français vous le donneLe français ne prête rien

Sur la page

Lire dès le premier jourLexique latin partagé et un système verbal qui rime
  • Les titres de presse
  • Des terminaisons déjà analysables
Les faux amisDes mots d'allure française qui disent autre chose
  • esquisito veut dire étrange
  • propina change de sens selon la rive

À l'oreille

Les voyelles nasalesLe français les a et ce sont les mêmes. Un anglophone et un hispanophone les paient plein tarif
L'accent tonique et la réductionLe français n'a ni l'un ni l'autre, donc il n'a rien à prêter

Le dernier carreau est d'où vient l'accent français en portugais. Tout le reste s'est transféré, si bien que rien dans l'usage quotidien n'oblige le système sonore à changer.

Le temps que personne d'autre n'a gardé

Le portugais a conservé une forme que le reste de la famille a perdue. L'infinitif se conjugue : il prend une terminaison de personne tout en restant infinitif. antes de eles chegarem, l'infinitif prend une personne, avant qu'ils arrivent, avec le sujet posé à l'intérieur de la proposition infinitive au lieu de forcer un subjonctif autour d'elle.

Ce n'est pas un ornement. Cela permet à une subordonnée de porter proprement son propre sujet, et les lusophones s'en servent constamment, si bien qu'un apprenant qui saute cette forme ne peut ni la produire ni analyser une classe entière de phrases ordinaires. C'est aussi le signe le plus net que cette langue n'est le dialecte de rien.

Un dictionnaire, un abonnement, un avertissement

Priberam est le dictionnaire gratuit, il couvre les deux variétés, et il étiquette quels sens sont brésiliens, ce qu'un dictionnaire bilingue ne dira jamais. Il a remplacé le dictionnaire imprimé, qui devait choisir un camp.

Practice Portuguese existe parce que le portugais européen était à peu près absent des magasins d'applications : un podcast avec transcriptions et un cours bâti autour, fait à Lisbonne, dont les épisodes gratuits suffisent à juger. Il a remplacé l'absence de tout, qui était l'état honnête du matériel européen jusqu'à la fin des années 2010, et c'est la ressource qui correspond à la variété que la France entend.

Duolingo est l'avertissement plutôt que l'outil. Gratuit avec publicité, il a remplacé le guide de conversation, et il constitue un premier mois raisonnable pour l'une des deux variétés et trompeur pour l'autre. Pour un lecteur d'ici c'est presque toujours l'autre.

Après la variété, la question que le crédit cache

Qui arrive avec de l'espagnol doit poser une question plus dure que celle de la variété : savoir si cet espagnol est fini. Commencer le portugais par-dessus un espagnol inachevé est la façon la plus fiable de repartir avec deux langues qui se contaminent, et c'est l'espagnol qui en souffre, puisque c'est celui qu'on emploie avec le moins de soin.

Qui arrive par le son plutôt que par le continent a une autre voisine. Le polonais est l'autre langue de cet atlas bâtie sur des voyelles nasales que le français possède déjà, et le crédit y fonctionne de la même façon, à ceci près qu'il faut ensuite payer sept cas.

La règle de calendrier, elle, ne dépend d'aucune des deux et se pose une fois pour toutes. Apprendre une langue fixe le seuil à partir duquel une seconde langue romane cesse de coûter à la première, et l'expression orale en portugais tient ce qui se passe une fois la variété choisie.

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