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Apprendre le néerlandaisles langues

Les sons et les mots sont largement prêtés au francophone. Ce que le néerlandais fait payer est l'ordre dans lequel ils se posent, et il est allemand.

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Entre deux familles

Deux voisins prêtent, et ils ne prêtent pas la même chose

Le néerlandais tient son vocabulaire de base du côté anglais et l'architecture de sa phrase du côté allemand, si bien que la facilité et la difficulté viennent de deux directions différentes.

  • Des mots reconnaissables et trois formes au présent, ce qui donne la réputation de langue facile
  • Les deux voisins ne se prêtent presque rien directement, et un francophone les lit tous les deux mieux qu'il ne les entend
  • Verbe en deuxième place, groupe verbal rejeté à la fin, particules séparables
  • Le néerlandais
  • L'anglais
  • L'allemand
  • Le néerlandaisAu milieu, et il ne choisit pas son camp
  • L'anglaisLe vocabulaire de base, et une morphologie aussi réduite
  • L'allemandL'ordre des mots en entier, cas exceptés

Ce que la figure ne montre pas est le troisième prêteur. Le néerlandais a emprunté des milliers de mots au français, bureau, cadeau, trottoir, et ceux-là ne viennent d'aucun des deux voisins dessinés.

Le son que tout le monde redoute en néerlandais est le g, et c'est un son que le français fabrique déjà. le g de goed se fait où se fait le r français : au fond de la gorge, avec le même frottement. Un anglophone n'a rien de comparable et y passe des mois.

Le reste du prêt suit la même logique et personne ne l'écrit, parce que les manuels de néerlandais sont composés pour des anglophones. Le u et le eu néerlandais sont ceux de rue et de feu. Le vouvoiement existe, u contre jij, avec la valeur sociale du vôtre.

Et le lexique est à moitié connu d'avance dans l'autre sens que celui qu'on annonce : le néerlandais a emprunté au français par milliers, bureau, cadeau, portemonnee, paraplu, trottoir, horloge. Ce que cette entrée fait payer n'est donc ni les sons ni les mots. C'est l'ordre dans lequel ils se posent, et c'est le genre de facture que les langues ne peut établir qu'en nommant la langue de départ.

Ce que chaque côté de la famille vous prête

Le néerlandais se tient entre deux langues et il emprunte à toutes les deux, mais pas les mêmes choses. De l'anglais il tient un vocabulaire de base reconnaissable et une morphologie réduite ; de l'allemand il tient l'architecture de la phrase.

  • de et het. Deux articles définis pour un seul mot français, et aucune règle générale ne dit lequel un nom prend. Il s'apprend avec le mot, comme le genre allemand, et se tromper s'entend immédiatement.
  • le verbe conjugué occupe la deuxième place. Morgen ga ik naar Gent, demain vais je à Gand : dès qu'autre chose ouvre la phrase, le sujet passe derrière le verbe.
  • ik werk, jij werkt, hij werkt. La conjugaison tient en trois formes au présent, ce qui, après le français, ressemble à une remise de fin d'année.

La troisième ligne explique la réputation de langue facile, et la deuxième explique pourquoi cette réputation s'effondre au troisième mois. La morphologie est petite et la syntaxe ne l'est pas.

La phrase est allemande, et c'est là que passe l'argent

Le verbe conjugué en deuxième position, le reste du groupe verbal rejeté à la fin, le verbe entier au bout d'une subordonnée : c'est le dispositif allemand, appliqué à un vocabulaire qui ressemble à de l'anglais. La ressemblance des mots endort exactement au moment où l'ordre demande de l'attention.

S'y ajoutent les verbes à particule séparable, qui coupent le verbe en deux et posent la moitié à la fin. ik bel je morgen op, et opbellen s'est ouvert en deux pour laisser passer la phrase. Un francophone qui traduit dans sa tête arrive à la fin de la phrase en ayant perdu le verbe.

La sortie ne s'obtient pas en révisant. Il faut suspendre la phrase entière et attendre la particule finale, ce qui est un geste d'écoute plutôt qu'une règle à apprendre. La grammaire néerlandaise tient l'ordre des mots, et c'est la page qui décide de la première année.

De ou het, et aucune règle ne couvre la question

Deux tiers des noms prennent de et un tiers prend het, et il n'existe pas de règle utilisable, seulement des tendances. un diminutif prend toujours het, ce qui est la seule certitude offerte, et le diminutif est partout dans la langue parlée.

Un francophone part avec un avantage psychologique et un piège. L'avantage est qu'il a déjà passé sa vie à apprendre des noms avec leur article. Le piège est que son propre genre ne prédit rien : de zon est le soleil et het meisje est la fille, et la répartition est indépendante de celle du français.

Cela vaut la même discipline que partout ailleurs : ne jamais apprendre un nom seul, et le vocabulaire néerlandais montre au passage les faux amis, qui sont nombreux parce que les emprunts français ont dérivé de leur côté.

Personne ne vous laissera pratiquer, sauf si l'État s'en mêle

Voici le blocage, et il ressemble à celui de l'allemand en pire. Aux Pays-Bas la maîtrise de l'anglais est générale, et un interlocuteur bascule à la première hésitation, souvent avant. Aux Pays-Bas il n'existe presque aucune pièce où cela n'arrive pas, ce qui retire la sortie que l'artisan et le guichet offrent encore ailleurs.

Il existe une exception et elle est administrative. Dès qu'une procédure officielle est en jeu, l'intégration civique, un examen, un guichet, la langue redevient le néerlandais et personne ne bascule. C'est la seule situation qui garantit la pratique, et elle a un examen au bout, ce que les examens de néerlandais détaille.

Pour un lecteur français il existe une seconde exception, et elle est géographique plutôt qu'administrative. La Flandre commence à une heure de Lille, un peu plus de la moitié des Belges parlent néerlandais, et le rapport à l'anglais n'y est pas celui des Pays-Bas. Bastien Roy, technicien à Tourcoing, travaille à Courtrai depuis trois ans et n'a jamais eu besoin de demander qu'on reste en néerlandais.

Une estimation publiée

Comment l'institut qui doit les enseigner classe la difficulté

Le néerlandais est dans le groupe le moins cher qui existe, et la distance jusqu'au quatrième groupe est la partie qui mérite d'être regardée.

Heures de cours jusqu'à un niveau professionnel, telles que publiées par l'institut du service extérieur américain pour ses propres élèves

  1. NéerlandaisLe groupe le plus facile, aux côtés du français, de l'espagnol et du suédois600 à 750 heures
  2. AllemandUn groupe à lui seul, un cran au-dessus, à cause des cas pour l'essentielenviron 900 heures
  3. Russe, turc, grec, hindiLe troisième groupeenviron 1 100 heures
  4. Arabe, chinois, japonais, coréenLe quatrième, et le seul qui se mesure en annéesenviron 2 200 heures

Mesuré sur des diplomates adultes à plein temps en petits groupes, ce qui ne décrit personne ici, et mesuré depuis l'anglais, ce qui met le français dans la première barre. Les rapports entre les barres sont la partie utilisable ; les valeurs absolues ne le sont pas.

Ce qu'un institut qui doit les enseigner en dit

Une estimation publiée sert de repère, à condition de savoir ce qu'elle mesure. L'institut du service extérieur américain classe le néerlandais dans le groupe le moins cher, à 600 à 750 heures de cours pour atteindre un niveau professionnel, l'allemand un cran au-dessus à environ 900 heures, le russe, le turc, le grec et le hindi à environ 1 100 heures, et l'arabe, le chinois, le japonais et le coréen à environ 2 200 heures.

Le repère a un défaut qu'il faut dire avant de s'en servir : il est mesuré sur des anglophones. Le français y figure dans le même groupe que le néerlandais, ce qui rend la première ligne inutilisable pour vous, puisque votre langue de départ n'est pas celle du tableau.

Ce qui reste exploitable est le rapport entre les lignes, et notamment l'écart entre le néerlandais et l'allemand. Cet écart tient presque entièrement aux cas, que le néerlandais a perdus et que l'allemand a gardés, ce qui dit exactement quelle moitié de l'architecture germanique coûte cher et laquelle ne coûte rien.

Deux références gratuites et le journal des enfants

La liste de mots de la Nederlandse Taalunie est gratuite en ligne et elle fait autorité sur de ou het pour chaque nom, ce qui est précisément la question à laquelle aucune règle ne répond. Elle a remplacé l'annexe du dictionnaire papier, où il fallait chercher mot à mot.

Van Dale est le dictionnaire de référence, gratuit au niveau dont un apprenant a besoin et payant pour les éditions complètes. Il a remplacé le volume relié du même nom, et il reste l'arbitre en cas de désaccord sur un sens.

Le journal télévisé pour enfants de la NOS est la ressource d'écoute la plus utile et la moins connue : gratuit, quotidien, et écrit pour être compris du premier coup, ce qui est exactement la contrainte qu'un apprenant cherche et qu'aucun journal d'adultes ne respecte. La compréhension orale en néerlandais s'appuie dessus, et l'expression orale en néerlandais traite l'autre moitié, celle qu'on ne peut pas travailler seul.

La destination, ou la porte

Il reste à savoir si le néerlandais était le but ou le passage. Beaucoup de gens l'ouvrent parce qu'ils travaillent avec la Belgique ou les Pays-Bas, et la moitié d'entre eux découvrent qu'ils voulaient en réalité l'architecture germanique.

Dans ce cas l'allemand est la suite, et il est beaucoup moins cher après : l'ordre des mots est déjà acquis et il ne reste que les cas, c'est-à-dire précisément l'écart mesuré plus haut. Le suédois est l'autre direction, avec encore moins de morphologie et un accent de hauteur en échange.

Et si ce qui bloque n'est ni la langue ni le choix mais l'occasion de parler, Apprendre une langue traite ce point, plus crûment ici qu'ailleurs, puisque c'est la seule entrée de ce pilier où trouver un interlocuteur est plus difficile que trouver la grammaire.

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