Faragiri

Apprendre le persanles langues

Ni genre, ni cas, ni accord, et le premier mois reste difficile, parce que le son qui tient un groupe nominal persan ne s'écrit jamais.

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Un groupe nominal

Quatre maillons, et les joints ne sont pas écrits

L'ezafe est un e bref qui relie un nom à ce qui le qualifie, et il s'enchaîne. Rien à l'écrit ne dit qu'il est là.

Le maillon ouvert est celui qui n'est pas imprimé. Un lecteur qui ne l'entend pas voit une suite de noms sans savoir lequel qualifie lequel.

merci, ascenseur, manteau et cravate se disent presque pareil en persan. Le persan a emprunté au français pendant un siècle, dans la médecine, l'administration, la mode et la technique, si bien qu'un lecteur d'ici entre dans le lexique par une porte que personne d'autre n'a.

Le mouvement inverse est plus ancien et tout aussi réel. le bazar, la caravane, le châle et l'échec viennent du persan, échec et mat étant shah mat, le roi est démuni. Deux langues qui se sont prêté des mots dans les deux sens sur mille ans ne se rencontrent pas comme des étrangères.

Rien de cela n'apprend la grammaire, et c'est pourtant le poste où les langues range le persan du côté bon marché, à juste titre. ni genre, ni articles, ni cas : un francophone qui a passé sa scolarité sur des accords sent la différence dès la première semaine.

Ce qui est simple l'est vraiment, et la moitié ne s'écrit pas

Le système verbal est aussi net qu'annoncé. Deux radicaux par verbe, des terminaisons régulières, aucune concordance à mémoriser, et une négation qui se colle devant. Les adjectifs ne s'accordent pas. Les noms n'ont pas de genre. Il n'y a pas d'article défini.

  • l'ezafe joint un nom à ce qui le suit. ketab-e man est le livre de moi, ketab-e khub le livre bon. C'est un e non écrit qui fait le travail du de et de l'accord français à la fois.
  • les voyelles brèves ne sont pas notées. L'écriture est empruntée à l'arabe et elle ne note que trois voyelles longues, donc le mot écrit donne le squelette et pas la prononciation.
  • l'écrit et l'oral diffèrent régulièrement. Ce n'est pas un vocabulaire second, c'est une série de conversions fixes qui s'apprennent en une après-midi.

Les trois se combinent en un seul effet, et c'est le vrai contenu de cette entrée : la grammaire est facile et la lecture ne l'est pas, parce que ce qui relie les mots et ce qui les vocalise sont précisément les deux choses que la page ne montre pas.

Un groupe nominal est une chaîne à joints invisibles

L'ezafe est un son, un e bref, qui s'insère entre un nom et ce qui le qualifie, et il s'enchaîne : ketab-e khub-e man, mon bon livre, tient trois maillons pour trois mots. Il n'est pas écrit.

Un lecteur qui ne l'entend pas ne voit qu'une suite de noms sans savoir lequel qualifie lequel, ce qui est le premier mur réel de cette langue et il arrive vite. Un francophone tient pourtant un avantage : l'ezafe fait à peu près le travail de son de, donc l'idée n'est pas à construire, seule la place l'est.

L'écriture persane tient la partie visible, et la grammaire persane la partie qui décide de la chaîne. Les deux se lisent ensemble plutôt que l'une après l'autre.

Le livre et la rue sont deux registres, et la conversion est régulière

Voici la bonne nouvelle que presque aucun cours ne donne assez tôt. L'écart entre le persan écrit et le persan de Téhéran n'est pas un second vocabulaire à réapprendre, c'est un jeu de conversions fixes.

nan devient nun et Tehran devient Tehrun : le a long passe à u devant m et n. Le verbe être se colle à la fin du mot précédent. Les verbes se contractent, miravam devient miram, et la règle tient sur les verbes courants. Et le ra devient ro après une voyelle.

Apprendre trois des quatre ne donne pas les trois quarts d'une conversation. La parole ordinaire les applique toutes en même temps et n'en annonce aucune, ce qui explique qu'un apprenant capable de lire un journal ne comprenne rien à une série. Les registres du persan tient le tableau complet, et la compréhension orale en persan l'exerce dans le seul ordre qui marche, en écoutant puis en lisant la transcription.

Un troisième registre existe et il n'est pas géographique. Le persan possède un système de politesse plus profond que le vouvoiement : à côté de shoma, il tient des verbes entiers réservés à l'interlocuteur qu'on respecte, farmudan au lieu de goftan pour dire, et des formules d'effacement de soi qu'un francophone prend pour de la flatterie et qui sont de la grammaire sociale ordinaire. shoma prend le verbe au pluriel, comme vous en français, et c'est le seul étage de ce système que le français prépare.

Presque tous les verbes sont composés

Le persan compte peu de verbes simples, quelques centaines à peine en usage courant, et il fabrique tout le reste en associant un nom à un verbe léger. harf zadan veut dire parler, mot à mot frapper un mot, kar kardan est travailler, faire du travail, et telefon kardan est téléphoner.

Cela rend la conjugaison presque triviale, puisqu'il n'y a qu'une poignée de verbes à conjuguer réellement. Toute la difficulté se déplace vers le choix du verbe léger, et rien ne le prédit : on ne devine pas si une notion prend kardan, zadan, dadan ou khordan, et se tromper produit une phrase comprise que personne ne dit.

Le français n'en garde que des traces, prendre une douche, faire attention, et il les traite comme des expressions figées plutôt que comme le mécanisme central de son lexique verbal. Ici c'est le mécanisme, donc le verbe léger s'apprend avec le nom, jamais séparément.

De l'écrit vers l'oral

Quatre règles transforment la langue du livre en langue de la pièce

L'écart entre le persan écrit et le persan de Téhéran est un jeu de conversions régulières et non un second vocabulaire, ce qu'aucun cours ne dit assez tôt.

Le persan de Téhéran
  • Le a long passe à uDevant m et n. nan devient nun, et Tehran devient Tehrun
  • Le verbe être se colleIl se contracte sur la fin du mot qui le précède
  • Les verbes se contractentmiravam devient miram, et le schéma tient sur les verbes courants
  • Le ra raccourcitEn ro après une voyelle, et en un o seul après une consonne

Une après-midi pour les apprendre, et des mois d'écoute avant qu'elles cessent d'être calculées

En apprendre trois sur quatre ne donne pas les trois quarts d'une conversation. La parole ordinaire les applique toutes en même temps et n'en annonce aucune.

Les deux sons que le français n'a pas

La prononciation coûte moins qu'ailleurs et le peu qu'elle coûte est précis. Les voyelles persanes sont proches des françaises, y compris le u et le o, et l'accent tonique est régulier.

Restent deux consonnes de gorge. Le kh se fait au même endroit que le r français prononcé fort, donc il est presque offert. Le q est plus profond et il n'a aucun analogue, et c'est le seul son de cette entrée qui demande un exercice. Un anglophone paie les deux plein tarif, ce qui déplace tout le calendrier de la prononciation persane pour un lecteur d'ici.

Un dictionnaire qui met les voyelles, et une machine qui les devine

Wiktionary est l'entrée gratuite la plus utile, parce que ses articles persans portent une romanisation avec les voyelles brèves dedans, ce qu'un dictionnaire persan-français n'imprime pas. Il a remplacé le dictionnaire papier qui donnait le squelette consonantique et laissait deviner le reste.

Un modèle supplée les voyelles brèves absentes de la page. La limite est la même que partout où on lui demande de lever une ambiguïté : son erreur se loge précisément dans les passages qui en avaient le plus besoin, donc il sert à lire vite et jamais à trancher.

Chai and Conversation est le cours audio, avec les premiers épisodes gratuits depuis 2011 et une formule payante pour la suite. Il enseigne le persan parlé plutôt que la langue écrite, ce qui est le bon ordre pour qui veut parler et le mauvais pour qui veut lire, et cette décision se prend avant de commencer plutôt qu'au troisième mois.

L'écriture, ou la langue

La question au bout d'une première année demande de séparer deux choses que le persan présente ensemble. Si c'est l'écriture qui a plu, elle est empruntée : l'arabe est la langue pour laquelle elle a été faite, et elle y fonctionne bien mieux, puisque le système de racines rend prévisible ce que le persan laisse deviner.

Si c'est la langue, la parenté utile est ailleurs. Le persan est indo-européen, et le hindi partage avec lui une part du lexique savant et une bonne partie de la structure de phrase, verbe à la fin compris.

Reste le vocabulaire, qui est la porte par laquelle ce lecteur est entré et qui mérite d'être ouverte tôt. Le vocabulaire persan montre la couche arabe, la couche française et le fonds proprement persan, et Apprendre une langue tient la question du calendrier, qui compte double quand une écriture nouvelle s'ajoute à une langue nouvelle.

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